Etat dans les Relations Internationales

2010 : Etat dans les relations internationales

L’ETAT DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES

A la fin du XXèmesiècle, l’Etat était considéré par certains comme un héritage du passé, que la mondialisation et l’autonomie croissante des sociétés civiles ne tarderaient pas à rejeter en dehors de l’histoire. Les relations internationales étaient alors envisagées dans une approche sociologique, intégrant l’ensemble des rapports sociaux dans chacune de leurs dimensions, civiles, économiques, politiques. L’idée d’une gouvernance globale, marquée par une fluidité de relations entre des groupes multiples se substituait alors à une fragmentation territoriale et nationale considérée comme dépassée.

Avec le recul du temps, cette analyse apparaît de nature essentiellement idéologique, portée par un idéal d’universalisme, de développement de valeurs communes comme les droits de l’homme, de protection de « biens communs » comme l’environnement. Cette mondialisation positive reposant sur l’effacement des frontières, la transparence des sociétés, la conscience collective d’une solidarité entre les groupes, n’a cependant pas trouvé d’écho immédiat dans la société internationale.

Le début du XXIèmesiècle  n’est pas marqué par une disparition des frontières, mais bien davantage par leur multiplication et leur renforcement.

Multiplication, car la disparition du bloc soviétique s’est traduite par des revendications de minorités soudées par une langue, une religion, voire des frustrations communes, et désireuses de se constituer en Etat. Certaines y sont parvenues comme au Kosovo, d’autres sont à l’origine de conflits parfois violents comme en Tchétchénie, en Abkhazie ou en Ossétie du Sud.

Renforcement des frontières aussi, car les Etats ont été confrontés à des facettes négatives de la mondialisation. L’immigration clandestine comme la menace terroriste ont incité les autorités publiques à renforcer leurs prérogatives et les contrôles des frontières.  La crise financière et économique a également  suscité un interventionnisme nouveau, par le contrôle du secteur bancaire et la mise en œuvre de plans de relance.

Non seulement l’institution étatique n’est pas actuellement remise en cause, mais elle est  même considérée comme une solution à bien des problèmes. C’est ainsi que la défaillance des Etats constitue une menace pour la sécurité internationale, comme en témoigne le développement de la piraterie dans le Golfe d’Aden, contre laquelle la Somalie se révèle incapable de lutter. Ce sont alors des forces navales étatiques qui interviennent, cependant que la communauté internationale s’efforce dans d’autres situations de reconstruire les Etats, de les aider à créer des services publics, de leur donner les moyens d’exercer leur autorité sur leur territoire et à l’égard de leur population. De la même manière, les Etats faillis, c'est-à-dire ceux qui ne sont plus en mesure d’assurer le paiement d’une dette publique souvent colossale, bénéficient-ils d’une aide internationale qui, en apurant leur situation financière, va leur donner les moyens de rétablir le fonctionnement de leurs services publics. 

Les auditeurs sont donc invités à réfléchir sur l’institution étatique et sur son rôle dans la société internationale. L’Etat y joue évidemment un rôle stabilisateur en assurant l’organisation paisible d’une collectivité sur un espace donné. A ce titre, il concourt au fonctionnement harmonieux de la société internationale, notamment par le développement d’une coopération pacifique. Mais l’Etat peut aussi apparaître comme un élément déstabilisateur, lorsqu’il rencontre des difficultés qu’il ne peut résoudre seul. Sa faiblesse pose alors un problème à l’ensemble de la communauté internationale dont la sécurité risque d’être menacée. Au cœur d’un double mouvement de stabilisation et de déstabilisation, l’Etat peut ainsi être étudié à travers des prismes multiples.

Revenir au rapport écrit par Jean François TOUZET